commune urbaine de Figuig

  La commune de Figuig a été créée par le Dahir Chérifien N° 1.59.351, promulgué en date du premier Joumada II, 1379 correspondant au 02 décembre 1959, relatif au découpage administratif du Royaume. La promulgation du décret N° 2.59.508 en date du 26 Safar 1379 correspondant au 31 août 1959 a permis d’achever la délimitation du centre urbain et le périmètre urbain du centre de Figuig. Cependant à la suite de plusieurs considérations locales, la Commune de Figuig a gardé son statut rural à l’intérieur de la province d’Oujda jusqu’à la promulgation du décret N° 2.73.416 en date du 14 Rajab 1393 correspondant au 14 août 1973 relatif à la création et à la préparation des cercles, caïdats et communes urbaines et rurales du Royaume et la détermination du nombre des conseillers à élire au sein de chaque commune. Ainsi, le centre fut ensuite attaché à la Province de Figuig nouvellement créée de territoires ayant appartenu auparavant aux deux provinces d’Oujda et d’Er-Rachidia, et dont le siège s'installe à Bouarfa, à l'origine souk et petit centre minier récent mais tombé en crise d'abandon. Ce n’est qu’avec le décret N° 2.92.652 promulgué en date du 17 Safar 1413, correspondant au 17 août 1992 que Figuig est devenue commune urbaine.
La Commune de Figuig a acquis le statut de Commune Urbaine en 1992. Elle est à ce titre dotée d'un Conseil municipal, composé de 17 membres élus au suffrage universel direct pour pour un mandat de 6 ans au niveau des différentes circonscriptions (17) de Figuig. Se réunissant en sessions ordinaires (trois par an:
février, mai et octobre) et extraordinaires, le Conseil communal gère les affaires de la commune.

Son budget annuel est d'un montant de 15 082 134,25 dhs qui se répartissent de la manière suivante :
- en fonctionnement : 7 548 219, 50 dhs
- en investissement :     759 340, 25 dhs
Outre l’état civil, les légalisations de documents, les principales compétences exercées par la Commune concernent la distribution de l’eau potable, l’entretien des routes, l’éclairage public, l’hygiène publique. Soixante et onze (71) personnes travaillent dans les services municipaux : 14 dans le secteur technique et 57 dans le secteur administratif.

cercles de la province de Figuig
La province de Figuig est composée de deux cercles: le cercle de Beni Tadjit (auquel appartient la commune rurale de Bouanane) et le cercle de Figuig (composé de la commune urbaine de Figuig, et de la commune rurale des béni Guil). En milieu urbain, l’équivalent du cercle est le district dirigé par un pacha qui rassemble plusieurs arrondissements urbains (l’équivalent des caïdats).

Le niveau provincial est dit intermédiaire. Dès sa création, il a été placé sous le contrôle de l’Etat si bien qu’il est difficile de parler vraiment d’une véritable décentralisation même si des conseils élus incarnent juridiquement cette vocation. Trois arguments étayent ce constat: La légitimité populaire des conseils provinciaux est quasiment inexistante, leurs attributions demeurent dans l’ensemble symboliques et leur autonomie budgétaire pratiquement nulle. En dépit de sa volonté expressément affichée, en dépit aussi de l’intérêt considérable avec lequel les pouvoirs publics ont constamment entouré l’entité provinciale et préfectorale, l’Etat n’a pas réussi à transformer le cadre provincial en un véritable échelon de déconcentration à partir duquel sont appréhendés les besoins socio-économiques des populations.
Le chef-lieu de la province est la ville de Bouarfa. Avec Figuig, ce sont d’ailleurs les seules communes urbaines de la province. Restent 10 communes rurales: Tendrara, Maatarka, Beni Guil, Abou Lakhal, Ain Chouater, Bouanane, Bouchaouene, Boumerieme, Talsint et Beni Tadjit.

une collectivité locale de base

La commune est l’échelon décentralisé le plus ancien. Elle peut être soit une commune rurale, dans ce cas, elle regroupe plusieurs douars ou qsour, soit une commune urbaine. Le douar est une institution créée par les autorités du protectorat (en opposition à la jemaa). C’est la plus petite unité instituée par les autorités coloniales. Elle englobe souvent plusieurs localités et est placée sous l’autorité d’un moqaddem. La création d’un douar ne tenait compte que de deux éléments: la proximité géographique et le nombre de foyers. Un douar pouvait englober des groupements proches l’un de l’autre dans l’espace sans tenir compte de leur appartenance ethnique.
Le découpage communal est régi par la charte communale du dahir du 30 septembre 1976, cette dernière a été renouvelée par la nouvelle charte communale. Ce découpage a été modifié par celui de 1992 marqué par une multiplication du nombre de communes .
Avec la loi de 1976 relative à l’organisation des collectivités locales, les collectivités locales ont en charge la majeure partie des investissements liés à la satisfaction des besoins essentiels des populations: eau, assainissement (les municipalités doivent s’en occuper 40 km autour de la ville), voirie, transport collectif urbain de voyageurs, aménagements urbains, équipements collectifs, etc...Les compétences sont étendues au domaine de l’élaboration des plans et des schémas de développement de la commune.
Elles occupent désormais une place centrale dans la gestion des affaires locales, dans les domaines de la planification locale, de l’orientation du développement, de la réalisation des travaux d’infrastructure et des équipements de base, aussi bien que dans celui de la promotion des projets sociaux et de la création des services publics.
Si on considère l‘urbanisation, les collectivités locales (communes urbaines et rurales) en assurent la gestion, l’autorisation et le contrôle au niveau du territoire communal. Elles octroient les autorisations de construire pour les logements, les surélévations, les locaux pour activités et les autorisations de lotir pour les lotissements de moins de 100 lots, chiffre au dessus duquel le dossier est instruit par la division provinciale ou préfectorale.
C’est au niveau des communes que l’insuffisance des moyens humains (notamment en personnel qualifié et d’encadrement) et budgétaires est la plus sensible puisqu’on constate une indigence presque totale pour gérer l’urbanisation au quotidien alors que c’est à ce niveau, sur le terrain, que les processus d’urbanisation sont à l’oeuvre, les problématiques se posent avec le plus d’acuité et où les pressions sont les plus importantes. Il faut également souligner l’importance des enjeux électoraux, sociaux et financiers liés à la gestion de l’urbanisation au niveau local qui affectent les capacités des collectivités locales à appliquer un urbanisme strict, légal et rationnel.
Aspect parmi tant d’autres des dysfonctionnements entre les différents niveaux de la structure administrative, l’absence d’information et de diffusion entre les différents échelons et surtout le manque de moyens évident sont de véritables freins.

La supérficie de certaines communes de la province de Figuig est la suivante:

Commune Urbaine de Figuig
75 km²
Commune Urbaine de Bouarfa
7 km²
Commune Rurale de Abbou lakhal
3102 km²
Commune Rurale de Bouanane
5010 km²
Commune Rurale de Beni Guil qui englobe Ich
8835 km²

En 1992, la commune rurale de Figuig s’est scindée, donnant naissance à la commune rurale d’Abou Lakhal et la commune urbaine de Figuig. Depuis, la population de Figuig recensée est uniquement sédentaire. La population nomade qui représentait 1862 habitants (239 foyers) en 1994 se retrouve rattachée à la commune rurale de Abbou Lakhal. Statistiquement, cette création de commune a de nombreuses conséquences dont la plus évidente: une mise en évidence des différences de niveau de vie entre les populations sédentaire de Figuig et nomade de Abbou Lakhal.