concepts de la coopération décentralisée

Quelques concepts de la coopération décentralisée

La coopération décentralisée regroupe l'ensemble des actions de coopération internationale menées par convention dans un but d'intérêt commun par une ou plusieurs collectivités territoriales (régions, départements, communes et leurs groupements), d'une part, et une ou plusieurs autorités territoriales étrangères et leurs groupements, d'autre part, dans le cadre de leurs compétences mutuelles.

Ces actions peuvent prendre des formes diverses (jumelages, programmes ou projets de développement, assistance technique, action humanitaire, gestion commune de biens de services…). Elles peuvent intervenir entre collectivités ou autorités territoriales de toutes zones géographiques et de tous profils économiques ou sociaux. Les raisons incitant les collectivités à agir en coopération sont variables et souvent plurielles. Elles peuvent être d’ordre économique, politique, historique, mais les idées-forces derrière l’engagement des collectivités territoriales sont toujours celles d’ouverture sur le monde, de solidarité et d’intérêt réciproque. La coopération décentralisée est donc une approche différente et complémentaire des modes traditionnels de coopération. Elle est amenée à jouer un rôle grandissant dans la mobilisation de la société civile, le développement local et l’évolution démocratique des sociétés au Nord comme au Sud.

Une note d’orientation, quelques principes de la coopération décentralisée :

-La participation active ("responsabilisation" de tous les d’acteurs. Il ne s’agit pas simplement d’assurer une participation instrumentale, mais de transformer les bénéficiaires en véritables acteurs et/ou partenaires, capables de prendre en charge leur propre développement.

-La recherche d’une concertation et d’une complémentarité entre différents acteurs. La coopération décentralisée ne cherche pas à soutenir une multitude de projets isolés, mais à promouvoir des processus de dialogue et de mise en cohérence des initiatives de différents acteurs dans le cadre d’une approche programmatique et en articulant les interventions à différents niveaux (local, régional, national). Il ne s’agit donc pas de contourner l’Etat, mais d’aider à construire de nouveaux partenariats public-privé .

-Une gestion décentralisée. La délégation de responsabilités de gestion, y compris financière, à l’échelon le plus proche possible des acteurs concernés, est une pierre angulaire de la démarche. Cela implique un changement profond des rôles et comportements des agences centrales (par exemple, en ce qui concerne leur culture de contrôle) et des partenaires du Nord tels que les ONGs.

-L’adoption d’une "approche processus ". La durée est un élément essentiel : il faut du temps pour garantir une vraie participation et appropriation (tout en veillant à la réalisation d’actions à court terme de manière à maintenir l’engagement des acteurs). D’où la nécessité d’adapter l’approche projet classique (composée de phases clairement séparées, limitée dans le temps et basée sur des objectifs, moyens et budgets définis avant le commencement du projet) en faveur d’une démarche itérative, qui valorise l’écoute, le dialogue, la mobilisation des ressources locales, la concrétisation des objectifs et actions en cours de processus, I’évaluation conjointe, etc. Dans la même logique, il convient d’évoluer d’un contrôle a priori à un suivi et un contrôle des résultats.

-La priorité donnée au renforcement des capacités et au développement institutionnel. La coopération décentralisée a pour objet non seulement de répondre à des besoins matériels mais en même temps de renforcer le potentiel d’action et la maîtrise d’initiatives locales. Appuyer les acteurs, c’est aider à les faire naître, à s’organiser, à se former, à se constituer en réseaux et à construire des partenariats entre eux et avec les acteurs publics.