potentialités

les potentialités de la ville de Figuig.

activités religieuses

 Les lieux de culte, cimetières:

Figuig compte vingt sept mosquées et 17 cimetières. L'existence de plusieurs synagogues et de cimetières témoigne de la présence antérieure d'une communauté juive à Figuig. Celle-ci a quitté la ville dans les années 60.
Les oasis sahariennes ont historiquement joué un grand rôle dans le développement des ordres religieux. Pour celles qui nous concernent, de nombreux ordres ont été représentés:
- la Taîbia (de Ouazzane au Hoggar et du Tafilalet aux Hauts Plateaux),
- la Kerzazia (le long de la vallée de la Zousfana),
- la Kadria (d’Abdelkader EL JILANI),
- la Ziania (rayonne de Kenadsa),
- la Derkaoua (rayonne de Mdaghra vers Zousfana et les Hauts plateaux),
- la Senoussia (du désert),
- la
Boucheikhia (d’El bayad Sidi Cheikh vers la Saoura en algérie),
- la Tidjania (de Ain Mahdi vers la Saoura),
- la Nasseria (du Drâa au Maroc).

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activités économiques

 Les activités agricoles :

Actuellement Figuig est marquée par une prédominance de l'agriculture qui s'étend sur 650 ha. On dénombre près de 190.000 palmiers. Préserver ce patrimoine constitue la pierre angulaire pour garantir la pérennité de la ville même. Des espèces spécifiques à la région produisent des dattes de qualité supérieure (aziza, boufaqqouss par exemple).
Les cultures dans la palmeraie traditionnelle se font sur trois étages permettant une utilisation rationnelle des parcelles généralement petites : les palmiers protègent les arbres fruitiers (grenadiers, amandiers, orangers....) sous lesquels poussent les légumes. Les départs d'habitants vers les grandes villes marocaines ou vers l'Europe ajoutés aux problèmes d'héritage se traduisent souvent par l'abandon de la culture dans de nombreuses parcelles.
Dans les nouvelles zones agricoles (Berkoukès, El Arja), priorité est donnée la culture des palmiers et des arbres fruitiers. Durant ces dernières années, de nouvelles cultures ont été introduites telles que les oliviers. Depuis quelques années, les agriculteurs ont mis en oeuvre une politique d'utilisation raisonnée de l'eau dans l'agriculture, par le biais du goutte à goutte. Une expérimentation est en cours avec l'utilisation de sondes tensiométriques mesurant le degré d'humidité du sol, qui pourrait permettre de réaliser à long terme une économie substantielle d'eau.
Bien que l'agriculture et l'élevage à Figuig enregistrent des rendements faibles, ces activités demeurent vitales pour le maintien de l'oasis, y compris de l'équilibre social et culturel de la population. En effet, l'intérêt de l'activité agricole ne se mesure pas seulement en terme de revenus monétaires; mais surtout en terme de rendement social et culturel.

L’agriculture oasienne :

1. Céréaliculture :

La céréaliculture qui dépend totalement des aléas climatiques, est pratiquée en majorité dans la zone bour, ce qui est révélateur d’une tendance à la sédentarisation. En effet, les agriculteurs accèdent à la terre, soit par des transactions sur les droits de jouissance devant être approuvées par la «jemaâ», soit par la mise en culture des terres collectives accordée par les nouabs.
Cette spéculation assure la sécurité alimentaire des foyers. Cependant, elle a des effets négatifs et dévastateurs sur les ressources végétales et édaphiques via le défrichement.
Les principales céréales sont l’orge, le blé tendre et le blé dur qui occupent respectivement 2654 ha dont 60 irrigués, 660 ha, et 640 ha dont 15 irrigués, avec des rendements moyens respectifs de 7,8 et 6 /ha.

2. L’arboriculture :

- Le palmier dattier :
Dans la zone d’action de la DPA de Figuig, le palmier dattier occupe une place importante avec 80% des effectifs des arbres fruitiers, sur une superficie de 685 ha. Le nombre de pieds est de l’ordre de 120 000, dont 110 000 palmiers productifs (femelles), le reste palmiers mâles produisant le Bouture pour les palmiers femelles; ces dernières sont répartis sur 14 variétés, dont Aziza et Assiane, … donnant des dattes de bonne qualité, viennent en tête.
Les densités des plantations varient selon les exploitations agricoles. En effet, la densité moyenne est estimée à 225 pieds/ha dans l’ancienne palmeraie, qui n’obéit à aucune norme agronomique d’écartement, alors que la densité moyenne au niveau des nouvelles zones d’extension est estimée à 180 pieds/ha.

- L’olivier :
Il vient en deuxième lieu après le palmier dattier, avec environ 49 500 pieds dont 5 000 pieds de variété Dahbia et 44 500 pieds de variété Picholine Marocaine, soit une superficie totale de 200 ha. La densité des plantations varie selon les régions et les exploitations, elle est estimée à 247 pieds/ ha. La majorité des oliviers productifs (environ 60%) sont plantés dans l’oasis de Figuig.
Le rendement moyen est de 15 kg/pied soit une production de 264 tonnes d’olives. Cette production est destinée à l’extraction de l’huile.

- Cultures maraîchères et fourragères :
La commercialisation des cultures maraîchères est peu pratiquée par la quasi-totalité des unités de production. La part destinée à la commercialisation au niveau des souks hebdomadaires locaux ne dépasse guère 25% de la production totale.
L’organisation du finage est la même pour chaque qsar. Ils sont divisés en secteurs, quartiers et parcelles pour permettre une rationalisation de la distribution des tours d’eau et éviter ainsi les pertes dans le réseau ramifié des séguias. Un secteur regroupe des parcelles appartenant à une même aire géographique. A l’intérieur du secteur, la division en quartiers a longtemps correspondu à la structure lignagère des qsour , c’est de moins en moins le cas. Enfin, la parcelle est la plus petite subdivision, l’unité technique et la cellule de base de production.
Le palmier, l’eau et le système traditionnel d’irrigation constituent le fil constructeur de l’architecture oasienne, participant à l’édification du modèle paysager local.
Outre l’extrême parcellisation de la terre, la structure foncière est caractérisée par la dispersion géographique de la propriété. Le propriétaire a rarement une parcelle d’un seul tenant, le plus souvent, il en possède deux ou trois éparpillées dans le finage, héritages patrimoniaux au gré des alliances contractées, ce qui rend leur exploitation d’autant plus pénible. A Figuig, les propriétaires d’une seule parcelle sont minoritaires et ne représentent que 22.5%.
A partir du tableau 5, les trois caractéristiques des structures foncières oasiennes sont rapidement visibles:
- leur morcellement,
- la faible taille des exploitations agricoles,
- leur dispersion géographique.
A Figuig, au niveau de l’ancienne palmeraie, 65% des exploitations ont des superficies inférieures à 2000 m² alors que six seulement ont plus d’un ha. Les propriétaires d’une seule parcelle sont minoritaires à Figuig, ils représentent seulement 22,5% de l’ensemble des propriétaires.
Toujours à Figuig, les espaces agricoles du qsar Laabidate est pour partie dans un état de friche avancé alors que ceux de Zenaga et des deux Hammams sont bien entretenus voir luxuriants. Pour El Maîz, Loudaghir et Ouled Slimane, la situation est contrastée avec certains quartiers totalement en ruines et d’autres vivifiés.
En partant de la situation dans cette oasis, on distingue plusieurs cas de figure:
- l’abandon pur et simple,
- la dés-intensification ou l’extensification,
- l’intensification,
- l’extension de la surface irriguée.
- Les cultures :

Le système de production est extrêmement dépendant de l’eau d’irrigation. Quand l’eau nécessaire est disponible, la culture des parcelles est d’une grande intensité et l’élevage y est associé.
L’exploitation idéale comprend trois étages de cultures. Quand l’eau ou la force de travail vient à manquer, c’est l’étage arboricole qui disparaît en premier, ensuite ce sont les produits maraîchers, les céréales, les fourrages et enfin les palmiers dattiers [Un arbre au sens botanique possède des tissus secondaires issus de méristémes secondaires; le plus visible de ces tissus secondaires est le bois, la matiére ligneuse. Le palmier-dattier ne développe pas ces tissus malgré son port arborescent. Surnommé « prince du monde végétal » par LINNE, Youssef NACIB fait remarquer que le mot arabe désignant le palmier, nakhla, a les mêmes racines que le mot nakhil signifiant chef, et nakhala, trier, choisir (et de là, l’élu). ]

A Figuig, un certain nombre de cultures étaient pratiquées bien avant la colonisation: la tomate, l’aubergine, la courgette, l’oignon, le navet, le raifort, la courge. De même, le grenadier, l’abricotier, le prunier, la vigne, l’olivier, le pommier constituaient les cultures arboricoles communes dans l’oasis.
A partir du Protectorat et de l’installation administrative de la France, de nombreuses cultures furent apportées, par les colons notamment, soucieux de valoriser et expérimenter les conditions naturelles locales. Les petits pois, haricots, laitues, pomme de terre, cardon, choux, choux fleur, concombre, persil, céleri, poiriers, cognassiers vinrent varier le menu de la population qui a accepté ces nouvelles cultures avec beaucoup de réticences. Depuis quelques décennies, par l’action des émigrés en grande partie, d’autres productions vinrent s’ajouter: le piment, la carotte, la fève, le melon, la pastèque.
190 000 pieds de palmiers sont dénombrés sur 650 ha et 26 000 oliviers sur 90 ha. De nombreuses espèces de palmiers (près d’une quarantaine) sont cultivées: Tgharass, ferroughen, Boufeqqouss, assian, Aziza nou Bouzid, taberchante... mais la variété qui semble être la spécialité de Figuig et avoir le plus de valeur est l’aziza. Le tableau 6 donne un aperçu de la distribution des surfaces cultivées par commune. Les cultures industrielles dont il est question sont constituées essentiellement d’oliveraies. Seule Bouanane est concernée puisque Figuig ne connaît que la culture traditionnelle de l’olivier (qui ne satisfait d’ailleurs même pas les besoins locaux avec trois pressoirs à olives et une production annuelle de 154 tonnes (moyenne 1995-98)).
L’une des premières productions à énoncer était la production agricole. On en distingue quatre types:
- les dattes,
- les céréales, surtout de l’orge et un peu de blé qui étaient ensemencés dans les maâders, terres situées hors de l’oasis,
- les produits maraîchers: oignons, navets, aulx, choux, potirons,…
- les arbres fruitiers: oliviers, figuiers, abricotiers, orangers, citronniers, grenadiers, pêchers,…
Sauf l’orge, les oasis tiraient la plupart de leurs grains de l’extérieur (ils les achetaient notamment aux nomades Haoura et Doui Menia, Beni Guil). En revanche, elles produisaient une grande quantité de légumes et certaines espèces de dattes qui passaient pour les meilleures.
Dans une description très avantageuse de Figuig au 15e siècle, Léon L’AFRICAIN nous dit:

« Ce sont trois châteaux au milieu du désert, près desquels il y a une très grande quantité de palmiers. Les femmes y tissent des étoffes de laines dans le genre des courtepointes de lit, mais si fines et si délicates qu’on dirait de la soie, et qui se vendent très cher dans les villes de Berbérie telles que Fès et Tlemcen. »

La fabrication de lainages semble avoir été la grande spécialité de Figuig et l’a été jusqu’au siècle dernier environ. DE LA MARTINIERE et LACROIX précisent qu’au début du XXème siècle, la laine était achetée aux nomades 1 franc la toison.
Un saint local Sidi Abdelkader Ben Mohamed ayant vécu à Figuig et Ich a d’ailleurs laissé cette phrase:

« Les heureux dans l’avenir seront ceux qui auront Tzadert et Tsadert »,

Tsadert étant l’instrument de fer servant à tendre la trame dans la fabrication des tissages et Tzadert, le nom de la source la plus importante de Figuig. Le personnage indique par cet adage que riche sera celui qui aura un jardin arrosé de l’eau de Tzaadert donc qui disposera d’eau en abondance et des femmes qui s’attelleront au travail artisanal.
Des qsour étaient renommés pour des productions particulières : le qsar Hammam Foukani fabriquait de la poterie, les qsour, Zenaga et El Maïz, produisaient des broderies de soie sur cuir renommées . [ Un artisan du qsar El Maïz a d’ailleurs exposé ses produits à l’exposition coloniale de Paris de 1930. Cela lui a permis de commercer quelques temps avec la France.]
Une production minière est attestée dans bon nombre de récits à plusieurs reprises. Dans la zone située entre Bouanane et Figuig, l’exploitation de plomb, antimoine et fer est signalée par Léon L’AFRICAIN. SCHAUDT dans sa relation de voyage au Maroc précise qu’à une heure au sud de Ain Chair, des mines sont exploitées. A Figuig même, l’industrie principale est l’orfèvrerie, le découpage des métaux et l’armurerie. Soit les produits étaient vendus aux caravanes qui passaient, soit ils étaient écoulés localement. Plusieurs études mentionnent que la communauté juive excellait dans le domaine du travail de l’or et de l’argent . [ La tradition orale prétend que le jbel El Maîz recèle des filons d’argent. Ceci a été confirmé par des études géologiques récentes qui cependant ne parlent que de traces.]Le domaine du travail des minerais leur était d’ailleurs réservé. Ils produisaient des bijoux, de l’outillage et des armes (couteaux, poignards,...).
- L‘élevage :
Figuig compte en 1994, 1 170 bovins, 4 570 ovins et 720 caprins. A titre comparatif, à Bouanane centre ont été comptés 220 bovins, 40 000 ovins et 20 000 caprin.


 

Le problème du secteur agricole

Les agriculteurs ont une connaissance très aiguisée de leur secteur et des obstacles qui les empêchent d’avancer. Ils les résument en trois catégories.

- Des ressources naturelles peu ou mal valorisées :
Les superficies agricoles sont limitées. Leur mise en valeur est difficile. Des problèmes de surexploitation peuvent apparaître. L’érosion et l’ensablement causent des dégâts dans les zones insuffisamment protégées. Les disponibilités en eau sont restreintes et doivent être surveillées sous peine de provoquer des insuffisances en eau et leur salinité. Les eaux de crues ne sont pas mobilisées efficacement. Enfin, l’énergie naturelle (vent et soleil) n’est pas du tout prise en compte car trop onéreuse.

- L’ensablement :
La majeure partie des oasis marocaines sont touchées par l’ensablement, phénomène dû à une progression récente et actuelle des accumulations sableuses. L'érosion éolienne dans ces régions est l'une des plus importantes au Maroc. Elle a existé de tout temps, mais ses effets ont particulièrement été accentués ces dernières décennies. Ce n'est qu'à partir des années 1970 que le problème d’ensablement est devenu très important et menaçant, se traduisant en particulier par la coupure fréquente de la circulation sur les principaux axes routiers de ces vallées.
Les techniques de lutte 5 développées par les populations locales, qui auparavant donnaient des résultats satisfaisants, ne sont plus à même d'endiguer ce fléau et la situation ne cesse de s'aggraver d'année en année.
“C’est un risque majeur dont souffre le bassin de Figuig. Les zones les plus touchées sont : Hamam Foukani, Hamam Tahtani et Arja. Nous ne faisons pas de travaux de lutte contre l’ensablement, c’est le service des Eaux et Forêts qui s’en charge. Les résultats sont encourageants, mais il faut multiplier les efforts pour trouver des solutions plus efficaces ” affirme Monsieur Abdelilah Rahimi , Directeur du Centre des Travaux Agricoles à Figuig.
Ces zones touchées sont bénéficiaires de travaux de lutte contre l’ensablement. Mais plus loin, certaines zones le sont aussi sans bénéficier pour autant de ces actions. Ainsi, nous avons rencontré un exploitant à Arja : “Mon exploitation souffre énormément du phénomène de l’ensablement. C’est un grand problème pour moi, les services concernés n’ont déployé aucun effort pour minimiser les effets de ce fléau dans cette zone. Devant cette situation, j’ai été obligé de lutter et avec mes propres moyens contre l’ensablement, je suis entrain de construire un mur. J’ai peur que le sable envahisse mes cultures un jour. Je ne vais pas rester les bras croisés en attendant l’intervention des services concernés, le sable ne m’empêchera jamais à pratiquer l’agriculture; c’est un combat quotidien pour moi…”
Cet exemple illustre bien que malgré quelques initiatives personnelles, beaucoup de choses restent à faire. L’encadrement technique par les structures spécialisées de l’administration et l’engagement des associations dans ce type d’interventions doivent être renforcés. Relayer l’Etat dans la gestion des ressources naturelles constitue une piste pour assurer la durabilité des projets.

- La sécheresse :
Le phénomène doit être pris en tant que facteur structurel et non plus conjoncturel
[Depuis 1896, on note 10 périodes très sèches principales dont l’extension a été, à peu près, généralisée à la majeure partie du pays et dont l’intensité a été de modérée à forte : 1904 -1905, 1917-1920, 1930-1935, 1944-1945, 1948-1950, 1960-1961, 1974-1975, 1983-1984, 1986-1987, 1991-1993, 1994-1995.
D’autres, moins généralisées mais assez fortement ressenties sont notées autour des années : 1906-1907, 1910-1914, 1924-1953, 1965-1967, 1972-1973.
A titre d’exemple, l’année 1994-1995, le déficit du bilan global a été au niveau national de –36.5%, en retirant le bilan des bassins versants de l’Atlas, cela le ramène à –47.6%. ].Au sens climatique, la sécheresse se définit par la diminution de la pluviosité ou l’accentuation de sa variabilité à l’échelle mensuelle saisonnière ou annuelle. Cela engendre le raccourcissement de la période humide et par conséquent favorise l’évaporation sous ses multiples formes. Il y a sécheresse lorsque les pertes d’eau imputables à l’évaporation sont supérieures à la pluviosité reçue dans une période déterminée.
Au sens hydrologique, ce sont d’abord les cours d’eau qui capitulent, soit par la réduction des débits, soit en s’asséchant totalement. La pédo-sécheresse se traduit par la diminution des ressources en eau du sol.
La sécheresse agronomique se déclenche dès que la plante commence à avoir soif. En général, lorsque la plante manque d’eau, ses fonctions physiologiques et agronomiques s’altèrent. Les plantes ne cèdent pas facilement à l’état critique de la sécheresse mais plutôt tentent de parer pour la survie à travers un certain nombre de réactions physiologiques et chimiques. L’anéantissement total de la production peut s’opérer surtout pour les plantes maraîchères et les céréales incapables de tenir avec une sécheresse prononcée.
La sécheresse agronomique est due à l’action de l’homme depuis les années 1970. Dès cette période, la perte des attributs de la végétation naturelle et de la stabilité du sol a commencé à se faire sentir: érosion, encroûtements, perte du couvert végétal causés par les actions de l’homme sur les propriétés physico-chimiques du sol. A ce moment, un défrichement des parcours les plus productifs s’est développé avec les débuts du tracteur dans la région et l’introduction de l’orge dans l’alimentation animale.
Dans les années 1980, des changements plus profonds dans le mode de gestion de l’espace sont apparus. Les défrichements des parcours et la conquête des parcours collectifs par les gros éleveurs, une alimentation des animaux basée sur le concentré et l’utilisation des produits vétérinaires se sont intensifiés. Depuis, des tentatives de compensation des pertes de production subies par une intensification plus avancée des techniques de production animale et végétale sont menées mais la réduction du potentiel de production continue en spirale.
Parallèlement à l’échec de cette compensation, d’autres mesures stratégiques de secours sont prises par les producteurs des zones dégradées telles que l’émigration, l’achat de terrains agricoles en irrigué, la spéculation immobilière, la commercialisation, etc...
Pour les catégories d’éleveurs les plus vulnérables, la seule alternative reste l’abandon de l’élevage et l’exode rural. Jusqu’à quelques temps, la sécheresse a été considérée comme le bouc émissaire de l’échec des politiques économiques et sociales mais cette vision tend à disparaître au profit d’une vision plus réaliste des situations locales et d’une approche plus participative des populations concernées.

- La désertification et l’ensablement :
Le terme de désertification recouvre un ensemble de processus extrêmement complexes ce qui explique que plusieurs définitions ont pu être proposées pour cerner le phénomène. L’ensablement n’en est qu’une des manifestations les plus spectaculaires.
L’ampleur du phénomène est difficile à préciser d’une manière quantitative. L’UNESCO estime que pour l’Afrique du Nord, 100 000 hectares seraient chaque année envahis par le désert. En général, cela se manifeste de manière diffuse par la formation de tâches qui s’étendent et finissent par se rejoindre.
Il ne semble pas qu’il faille attribuer au climat un rôle direct dans le processus actuel de désertification. Ce serait plutôt le résultat d’une conjugaison de nombreux facteurs interdépendants qui ont pour caractéristiques communes la surexploitation d’écosystèmes et la rupture d’équilibre naturel.
Comme le souligne Jean Bisson (1984), au Maghreb, ce n’est pas le désert qui avance vers le nord mais la steppe qui du fait d’une utilisation abusive se désertifie: les petites dunes mobiles qui apparaissent dans la steppe ou sur les confins septentrionaux du désert n’ont pas pour origine un sable d’origine méridionale, donc saharien, mais sont la conséquence d’une mobilisation des éléments les plus grossiers du sol que sont les grains de sable, les limons, particules les plus fines exportées par le vent, et dont on retrouve les traces jusqu’en Europe.
Au niveau de la zone qui nous intéresse, Figuig est touchée par l’ensablement dans son secteur est, à la limite du qsar Hammam Foukani mais cela reste très circonscrit. L’espace qui est le plus préoccupant selon la division provinciale de l’agriculture, car plus gênant, est la route qui lie Bouarfa à Bouanane et qui est régulièrement recouverte de sable à la période des vents.

- Type du sol :
L'aridité du climat et la faiblesse des précipitations ont engendré des sols pauvres. Cependant, les sols fertiles sont rares et limités. Les risques d'encroûtement, d'érosion et de salinisation sont partout menaçant, se qui nécessite une action d'amélioration et de préservation des sols pour la mise en valeur
agricole.

- Des pratiques agricoles non optimisées:
Les pratiques agricoles restent traditionnelles (rareté d’une main d’oeuvre qualifiée, attachement au savoir faire traditionnel, hésitation face à l’innovation, peu d’initiatives personnelles, peu de recherches effectuées sur la région).
Les « ennemis des cultures » sont peu ou mal maîtrisés (plantes adventices, maladies parasitaires, bayoud, animaux ravageurs). Les intrants sont faiblement utilisés (pour plusieurs raisons: faible capital des agriculteurs, manque de subventions, éloignement, insuffisance des programmes de sensibilisation). Les plantations d’arbres ne sont pas maîtrisées. Les normes techniques de travail, de mises en valeur, de production, de qualité des productions sont inexistantes.
Certains terrains sont laissés en friche lorsque les querelles d’héritage apparaissent. D’ailleurs, le morcellement des terrains abusif par l’héritage est une grande préoccupation localement.

- Des produits agricoles peu valorisés:
La commercialisation des produits agricoles est peu développée (enclavement des oasis, absence d’étude sur le marché). Les ressources humaines compétentes pouvant s’atteler à cette tâche sont limitées (formation de cadres spécialisés non existante).
Il n’y a pas d’unités de transformation et de conditionnement des produits agricoles. Quand elles existent, elles ne sont pas conformes aux règles de sécurité ou performantes.
Les sous-produits agricoles sont mal exploités (coopératives agricoles au pouvoir limité, compostage des sous-produits non pratiqué, abandon de l’utilisation des sous-produits dans le secteur de l’habitat),
Les agriculteurs estiment faire beaucoup d’investissements sans que cela ne puisse porter ses fruits rapidement. Dans une formation organisée par l’association ACAF (Association des Coopératives Agricoles de Figuig), les participants ont essayé d’avoir une vue critique sur les difficultés rencontrées dans l’oasis.


 

l'artisanat:

Figuig est connue pour la qualité des tissages, principalement utilisés pour la confection des djellabas, des burnous réalisés généralement au sein même des foyers. Il s'agit d'une activité essentiellement féminine. La création de la coopérative artisanale a pour but de favoriser la promotion et la commercialisation des productions.
D'autres métiers sont également présents. Ils répondent à des besoins quotidiens de la population avec la ferronnerie, la menuiserie.
Problématique :
Le secteur de l’artisanat souffre d’handicaps qui freinent son essor. Ils sont d’abord d’ordre structurel :
- Rareté de la matière première locale, produite en dehors de la région, ce qui entraîne un coût additionnel pour le produit ;
- Faiblesse du marché potentiel ouvert aux produits de l’artisanat d’art, ce qui peut compromettre sa qualité.
- Insuffisance de produits authentiques et spécifiques qui puissent caractériser l’artisanat oasien.
- Manque d’esprit d’entreprise et de l’esprit coopératif parmi les artisans.
D’autres contraintes restent à lever pour améliorer le rendement du secteur dans des conditions normales d’exploitation, ils concernent :
- La diversification des marchés d’écoulement de la production ;
- L’aptitude des artisans à bénéficier de crédits bancaires de proximité ;
- L’absence de zones d’activités équipées qui puissent réunir les métiers.

Perspectives de développement :

Outre la levée des contraintes à l’amélioration de la productivité, le développement de l’artisanat dans les oasis passera par des mesures telles que :
- l’organisation des artisans en coopératives et associations professionnelles ;
- la recherche de produits spécifiques pour la province et la diversification des marchés d’écoulement ;
- la promotion et l’encadrement du secteur.
Plus à terme, l’artisanat aura à s’épanouir en aval de secteurs comme le tourisme ou l’agriculture. Cette vision prospective permettra à l’artisanat de mieux s’intégrer dans l’économie des oasis et ouvrira la voie à son repositionnement en tant que pourvoyeur d’emplois.
- S’appuyer sur un programme de longue durée de réhabilitation et de mise en valeur des qsour pour déclencher un développement des activités artisanales liées aux métiers du bâtiments : techniques de construction traditionnelles, menuiserie, ferronnerie, quincaillerie, etc.…- Revalorisation du travail manuel tel que le tissage, l’habillement et la fabrication d’objets utilitaires notamment par l’ouverture de nouveaux marchés pour l’écoulement du produit artisanal. A ce propos, le tourisme constitue un moyen précieux pour l’augmentation sensible de la commande,
- Faire connaître le ‘’produit artisanal Figuigui’’ aux niveaux national et international (site web, expositions,…)
- Créer des unités intégrées de tissage englobant l’ensemble de la filière depuis la filature de la laine jusqu’aux articles d’habillement.
- Faire évoluer la conception des produits artisanaux en les diversifiant et oeuvrant dans le sens d’une meilleure commercialisation; dirigée notamment aux visiteurs de la ville (souvenirs de Figuig, objets artistiques..)
le tourisme:
Le tourisme en tant que « première industrie » mondiale représente, pour de nombreux pays en voie de développement, une véritable manne pour l’économie nationale. Cependant, on s’aperçoit que la redistribution des richesses provenant du secteur touristique est loin d’être réparti équitablement au profit de la population dans les pays en voie de développement. Les principaux bénéficiaires sont une minorité (souvent étrangers au territoire) qui détient les rouages du secteur (hôteliers, guides, agences, commerçants,…).
En outre, le développement touristique, tel qu’il existe généralement, a de nombreuses conséquences négatives sur les pays en voie de développement.
A Figuig, c’est le secteur ‘’prometteur’’ de développement de l’économie de la ville. Il s’agit, bien entendu, du tourisme ‘’culturel’’ qui cherche à s’intégrer au sein de l’espace et de la société; sans agresser ni l’un ni l’autre.
Pour ce faire, il est proposé :
- D’intégrer Figuig dans un circuit national de tourisme des oasis : Draa , Dadés, Toudgha, Ziz, Figuig et, éventuellement, les oasis se situant en territoire algérien,
- De mettre en valeur un circuit touristique local intégrant aussi bien les sites et paysages remarquables aux environs immédiats de l’oasis que les Qsour eux – même.
- D’encourager et encadrer la réhabilitation d’anciennes demeures pour les aménager en maison d’hôtels appelés à recevoir des familles et adaptés au tourisme national.
- De faire connaître les monuments historiques de la ville et les mettre en valeur pour assurer leur attractivité touristique.
- De faire connaître le ‘’ traitement par bain de sable’’ actuellement pratiqué à Figuig.
- D’organiser des festivals, colloques et cycles de formation in site,
De faire collaborer le potentiel humain Figuigui vivant à l’extérieur de la ville (l’étranger ou reste du pays) à la promotion touristique de Figuig.
La région de l’oriental possède d’énormes potentialités dans le domaine touristique. La diversité et la variété des ensembles géographiques qui la composent en font une zone d’attrait particulier : Frange côtière, montagnes, rivières et plans d’eau, station thermale, forêts, haut plateaux semi désertiques, qsour de l’Oasis de Figuig. Cependant ce domaine reste sous exploité et presque entièrement livré au secteur non structuré. En effet en ce qui concerne l’équipement touristique formel, la région enregistre le taux le plus faible de l’ensemble du pays : 3,3% en 1996. la part de Figuig dans ce domaine reste négligeable.
Ce type de tourisme a aujourd’hui un réel potentiel de développement. Des études récentes, menées en particulier par l’agence française de l’industrie touristique (AFIT), montrent que le comportement des touristes européens est en train d’évoluer. Le tourisme de masse n’intéresse plus une part croissante de la clientèle potentielle européenne, en particulier les moins de 40 ans qui préfèrent un tourisme plus convivial. La part de cette clientèle représente aujourd’hui entre 10 à 15% de la clientèle totale, ce qui n’est pas négligeable. De nombreux journaux consacrent en outre des articles à cette forme tourisme.
Un projet de tourisme, compte tenu de la demande locale, s’avère adapté à plusieurs égards :
- Le tourisme est une activité en mesure de fournir un revenu supplémentaire à une population dont la seule activité agricole, à caractère familial et vivrier, faiblement créatrice d’emploi, ou artisanale ne permet pas d’atteindre un niveau de vie décent et de répondre à leurs besoins de base. Il permet de diversifier l’activité économique locale et d’assurer un nouveau revenu aux ménages.
- Il permet de valoriser et préserver les ressources environnementales et culturelles locales (identité, artisanat, paysages …).
- Il peut favoriser une dynamique collective qui permettra de resserrer les liens sociaux, de valoriser les échanges entre les différents ksour, de faire redécouvrir à la population locale son patrimoine historique et identitaire.
Ce projet de tourisme rural est envisagé sous un angle éthique et solidaire, c’est-à-dire qu’il devra respecter les cultures locales, assurer une juste rémunération des acteurs et s’inscrire dans une perspective durable. Par ailleurs, compte tenu de la demande exprimée par les « voyageurs », il devra favoriser l’authenticité, c’est-à-dire permettre la découverte des cultures, privilégier le contact avec les populations et l’immersion dans la vie locale.
Le tourisme à Figuig ne peut être envisagé comme une activité rapidement rentable.
Il ne pourra connaître un réel essor qu’avec le désenclavement de la région et l’ouverture de la frontière.
Un projet touristique pourrait s’appuyer sur trois grandes opérations permettant de mettre à disposition des acteurs locaux les outils de base nécessaires à un développement touristique, à savoir :
• Développer les structures d’accueil indispensables au développement du tourisme : aménagement d’une dizaine de chambres « et tables d’hôtes » de qualité chez l’habitant, dans les maisons traditionnelles.
• Faire connaître et valoriser le territoire, ses richesses, ses habitants, sa culture, ses savoirs faire par la mise en place d’activités de découverte : aménagement d’itinéraires de visite de la palmeraie, des champs et des ksour, aménagement d’un point d’accueil à la municipalité, mise en place d’ateliers (cuisine, danse, poterie, contes, calligraphie, tissage, maquillage…) pour les « voyageurs » organisation de randonnées et bivouac, de fêtes traditionnelles.
• Promouvoir l’oasis et ses spécificités à l’extérieur.

l’oasis, un lieu de passage et de commerce:

IBN KHALDOUN cite dans Al muqqadima [Discours sur l’histoire universelle, Livre I, p240]

« Figuig se compose de plusieurs bourgades rapprochées les unes des autres et formant une grande ville dans laquelle affluent tous les produits de la civilisation nomade. Elle est considérée comme une des principales villes du désert, et grâce à son éloignement du Tell, elle jouit d’une entière indépendance ».

Par sa situation, aux croisés des routes qui de la côte septentrionale conduisent à l’intérieur du continent, il était naturel que Figuig devint un centre de relations commerciales. Jean Léon L’AFRICAIN souligne que cette oasis se situe sur la route des dattes. Les lainages, l’antimoine et le plomb empruntaient également cette route. Au XVIe siècle, l’indigo du Drâa y transitait vers l’Algérie [MASSIGNON Louis, 1906. Le Maroc dans les premières années du XVIe siècle d’après Léon L’AFRICAIN, DES, Alger]

Figuig exportait au Soudan des tissus de soie, de coton, de laine, des toiles, des vêtements confectionnés tels que le burnous et les haïks, les bijoux, des armes, de la poudre, des harnachements, des plantes médicinales, du papier, du sucre, du bois de santal. Elle en importait de la gomme, du poivre, des plumes d’autruche, de l’encens, de l’ivoire, de la cire et des cuirs bruts qui étaient ensuite travaillés sur place pour en faire ce qui était appelé du maroquin.

Plusieurs fois par an, les caravanes s’installaient pour plusieurs jours dans la plaine de Baghdad [ Selon le capitaine DE CASTRIES, Baghdad dans le sud oranais a le sens particulier de surface plance et dénuée de végétation.] au sud-est de Figuig pour commercer. Cependant, il existait également des marchés au sein des qsour de Loudaghir (à la fin du XIXe, ils se déroulaient le mardi et le samedi) et de Zenaga (le lundi et le vendredi) mais les modalités pour y accéder étaient assez compliquées étant donné qu’ils se déroulaient à l’intérieur des qsour.
Au XIXe siècle, il y avait 235 chameaux, animal du voyage par excellence, à Figuig répartis entre les qsour d’El Maiz, Loudaghir et Zenaga.
Figuig semblait être l’entrepôt où de nombreuses tribus nomades de la région déposaient leur approvisionnement. Selon des liens soit commerciaux soit d’intérêts, ils ensilotaient et emmagasinaient dans l’un ou l’autre des qsour.
Les relations entre populations étaient assez conflictuelles (aujourd’hui encore certaines inimitiés subsistent). Des razzias ont souvent été évoquées.

Les souks :
Le souk est profondément enraciné dans la tradition mais aussi dans la vie économique et sociale du Maroc même si le commerce fixe a progressé. Le souk est bien sûr l’endroit où se fait le commerce mais surtout le lieu où s’expriment le plus les liens sociaux, où se transmettent les informations, où se tissent les solidarités. Cette vitalité des souks, très amoindrie dans le reste du Maghreb, témoigne certainement des solides attaches conservées avec le monde rural: ils peuvent attirer jusqu’à des dizaines de milliers de personnes. Dans sa thèse, JF TROIN (1975) analyse leur importance dans l’organisation spatiale du territoire. Les souks structurent l’espace par leur disposition en réseaux, le réseau étant la combinaison des marchés étalés dans le temps tout au long de la semaine. Ainsi, les commerçants se déplacent selon un calendrier. Par leur présence régulière, ils deviennent des repères pour la société, servent de lien avec la grande ville. Leur relation aux populations locales va souvent beaucoup plus loin que le simple acte de vendre, parce qu’ils voyagent beaucoup, ils rendent souvent services aux populations en servant d’intermédiaires.
A Figuig, l'activité commerciale se développe autour de deux marchés hebdomadaires, l'un dans le quartier Zenaga (tous les mardis matins), l'autre dans le quartier administratif (tous les mardis après-midi). Les produits vendus sont acheminés par la route depuis toutes les régions du pays, particulièrement d'Oujda et d’Agadir.
Le commerce de proximité est regroupé en deux pôles, le long de la rue principale dans les quartiers Loudaghir d'une part et Zenaga, d'autre part. On y vend principalement des produits de première nécessité.
La province de Figuig contient 6 souks urbains (Figuig, Bouanane, Beni Tadjit, Talsint, Bouarfa et Tendrara) et 6 souks ruraux (Ain Chouater, Beni Guil, Abou Lakhal, Boumérieme, Bouchaouéne et Maatarka).
On note deux tendances:
- le développement spectaculaire de certains centres (Bouanane, Beni Tadjit, Talsint mais aussi Bouarfa et surtout Tendrara),
- la création de souks ex-nihilo (Bouchaouéne, Maatarka) avec quelquefois peu de succès (le souk de Ain Chouater créé au début des années 1990 n’existe pratiquement plus en 1995).
Tendrara en particulier s’est affirmé comme véritable centre commercial en doublant ses recettes en 5 ans et apparaît de plus en plus comme le centre économique des Hauts plateaux. Les recettes du souk y constituent 57% des recettes de la commune.
Les recettes du souk de Figuig évoluent dans une même tranche amis stagnent. L’explication réside probablement dans le fait que le commerce répond à une demande locale établie depuis des décennies et que l’oasis ne constitue pas une commune en voie d’identification comme c’est le cas ailleurs dans la province.
A Bouarfa, la part des recettes du souk dans le budget communal est plus faible même si elle reste importante, 23%, soit plus de 1/5 des recettes de la commune.
L’éloignement et l’enclavement de l’oasis, ainsi que l’important transfert financier des émigrés au profit d’une population résidente, sont deux facteurs essentiels de l’essor du commerce de ravitaillement, qui remplace le trafic caravanier transsaharien de jadis dont Figuig, constituait un relais.
Globalement, l’oasis souffre d’une faible diversification économique et d’un chômage important des jeunes.

 

 

 

potentiel hydraulique

L'eau, une richesse à préserver:

Télécharger les bulletins officiels des parts d'eau à Figuig Versions : 1975 - N°: 3292.

version arabe

version Française

La région de Figuig dispose d'un potentiel hydraulique non négligeable, malgré les contraintes climatiques du milieu. A côté des sources drainées par les foggarat qui se localisent dans la partie Nord, il existe un certain nombre de sources naturelles qui ne sont pas exploitées pour des raisons géopolitiques (zone frontalière). Par contre, dans la partie Sud du bassin de Figuig (plaine de Baghdad, au Sud et au Sud-Ouest de Zenaga), une nappe sub-superficielle est exploitée grâce à l'introduction de motopompes.
Aujourd'hui, les besoins en eau sont essentiellement satisfaits par l'exploitation des eaux souterraines.
L'édification des ksour à l'emplacement des sources d'eau fait que la foggara est un équipement du ksar, en même temps qu'elle est source de vie pour la palmeraie : la faible profondeur de certaines galeries a rendu possible l'aménagement de quelques-uns de leurs regards en bains (bahbouhat) et lavoirs publics. Le nombre de hammam dans les Ksour de Figuig ne dépasse guère cinq : deux sont des dépendances des mosquées, les trois autres ne sont ouverts qu'en hiver.
Les 'Bahbouhat » des femmes servent aussi bien pour la baignade, que pour la lessive.

Eaux superficielles :
II s'agit essentiellement de l'exploitation de l'oued Zouzfana, ce dernier est alimenté essentiellement, par les affluents de jbel Grouz et du Jbel Beni-smis. Les eaux de l'oued zouzfana sont exploitées pour l'irrigation, grâce à l'aménagement de barrages de déviation, et d'un système de khatarat.
Aujourd'hui, les besoins en eau sont essentiellement satisfaits par l'exploitation des eaux souterraines

Eaux souterraines :
Le maintien de la vie humaine à Figuig depuis des siècles a été possible par la présence d'une concentration de sources artésiennes qui s'alignent d'Ouest en Est sur 3 Km environ.
Trois procédés sont mis en œuvre pour la mobilisation des eaux souterraines :
L’aménagement des sources, la construction des galeries drainantes souterraines (Foggara) et le creusement des puits.

Les sources :
Les sources naturelles ont été à l'origine de l'implantation de l'oasis dans son site actuel ; les qsour se consolidaient sur l'emplacement des sources, considérées désormais comme leur propriété. L'alignement des ksour du plateau suit exactement l'alignement des sources.
Aujourd'hui, ces sources naturelles n'ont plus qu'une importance secondaire, en raison de l'abaissement du niveau piézométrique consécutif à une utilisation excessive de l'eau. La foggara se compose :
- D'une partie drainante, située en amont, sous le niveau de la nappe.
- D'une partie adductive, située en aval, permettant l'écoulement des eaux vers la surface du sol grâce à la pente. Ce bassin a une fonction d'accumulation, de régularisation du débit pour l'irrigation et de stockage.
- Le toit de la galerie est percé sur des distances variables, par des « regards » (Tasfalte) qui en jalonnent le tracé au sol.
La technique des Foggaras présente les problèmes suivants :

- Un gaspillage de l'eau en raison de l'écoulement continu des foggaras
- Le rabattent du niveau de la nappe qui dans les conditions climatiques actuelles, n'est réalimentée que très lentement. Ce rabattent oblige à suivre son niveau, par des creusements de plus en plus profonds, entraînant ainsi une migration de la palmeraie vers l'aval. Un système ingénieux et Unique en son genre.
L’eau des sources est distribuée selon une rugueur et un contrôle permanent grâce à un réseau très complexe de canalisations souterraines "les Fouggarat ". Les canalisations sont rendues étanches selon des techniques locales jugées fort ingénieuses.
La grande majorité des oueds sont temporaires. Ils surgissent une partie de l’année à l’occasion des pluies annuelles, et sont à sec le reste du temps .
L’oued Zousfana vient du nord, alimenté ensuite par les torrents du jbel Grouz et Beni Smir, il traverse l’oasis à l’est et passe ensuite en Algérie entre les jbels Taghla et Sidi Youssef pour mêler ses eaux à celles de l’oued Guir pour former l’oued Saoura et se diriger ensuite au Sahara. Il se perd sous le nom d’oued Messaoud aux confins du Tanezrouft après avoir tracé du nord au sud une longue « rue de palmiers ».
En dehors de la saison des pluies, il n’y a pas de cours d’eau pérenne, ou plus précisément, il n’y en a plus à cause de la sécheresse persistante, aussi, la période des crues est extrêmement surveillée.
Outre ces réseaux hydrographiques, des réserves d’eau se forment en période pluvieuse dans le fond des dépressions fermées de dimensions variables appelée dayas.
Figuig est l’oasis de la région ayant la forme la plus élaborée de distribution de l’eau.
Ces galeries drainantes collectent l’eau du sous-sol et la conduisent vers les jardins à irriguer. A partir de la foggara, le réseau du système d’irrigation est d’une extrême densité et adapté à la topographie de telle manière que l’eau circule exclusivement par gravité et qu’elle desserve l’espace cultivé. A l’entrée du bassin, l’eau est partagée en unités de mesure qui correspondent à 45 mn de débit à la source ( appelées kharrouba). Le bassin doit accumuler l’eau pour en réguler le débit, rationaliser et contrôler le cycle d’irrigation (celui-ci varie de 3 jours en été à 15 jours en hiver). A la sortie du bassin, l’unité de mesure se calcule sur une base volumétrique, la tighirte (dont la part d’eau est égale au volume collecté d’une kharrouba).
Le deuxième canal transporte l’eau de la sortie du bassin à l’entrée des parcelles, il se ramifie autant de fois qu’il est nécessaire pour desservir tous les jardins.
Le dernier canal mène l’eau vers les planches de culture.
Figuig est alimentée par 30 sources actuellement fonctionnelles par un débit total variable : en 1925, il était de 171 litres/s au débit des sources, en 1976, de 202 litres/s, en 2000, de 175 litres/s. La source la plus importante est celle de Tzadert qui à elle seule représente plus de 40% de l’eau des sources disponibles. En 2003, 859 utilisateurs sont alimentés par l’eau de cette source, soit 1920 kharroubats (parts d’eau) irriguant 1039 terrains représentant 245 hectares.
Depuis moins d’une décennie, ils tendent à se constituer en associations d’irriguants à l’image des regroupements créés lors des mises en cultures de nouvelles terres.
Les agriculteurs sont parvenus à se dégager de la dépendance à l’arrivée des tours d’eau en ayant recours au stockage des eaux dans des bassins d’accumulation construits dans leur jardin. Ils ont ainsi obtenu une grande flexibilité dans la fixation du temps d’irrigation (qui n’est plus dépendant de l’arrivée du tours d’eau) et des quantités d’eau (un usager n’est plus tenu de conduire toute son eau en une seule session mais peut moduler la quantité d’eau à distribuer en fonction des besoins des cultures et de la saison).
A Figuig comme dans les autres oasis, la presque totalité des eaux fait l’objet d’appropriation privative, le reste étant la propriété collective des qsour et des fractions. L’eau collective peut être la propriété soit du qsar. L’eau du qsar est généralement donnée en location, le payement des loyers étant utilisé pour les dépenses d’utilité générale.
Un autre moyen de captage de l’eau est apparu au début des années 1960. Il s’agit des puits équipés de pompes électriques ou motopompes. A Figuig, ces puits tirent leur eau d’une nappe phréatique qui s’étend sur 35 km². Les eaux ainsi puisées servent à l’irrigation de nouveaux périmètres d’extension au nord et au sud de l’oasis et assurent un appoint d’irrigation aux terres traditionnellement irriguées par les eaux de sources.
En définitive, il n’y a plus de contrôle direct par la société oasienne des ressources en eau, plus de gestion collective. L’eau pompée est d’abord stockée dans un grand bassin avant d’être redistribuée, ce qui permet de la répartir en utilisant le système volumétrique en vigueur dans l’oasis (le volume issu du puits est équivalent à une kharrouba). C’est ainsi que par ce biais l’eau est intégrée au marché de l’eau de l’oasis avec tout ce que cela suppose sur les plans pratiques et symboliques.
Déjà dans certaines oasis, les méfaits de ce nouveau captage de l’eau se font sentir. Du fait des prélèvements importants de l’eau, des problèmes de salinité commencent à affecter les cultures et transforment les pratiques culturales.
D’autre part, les investissements consentis à la création d’un puits sont énormes non seulement pour le creusement et le fonctionnement et mais aussi le prix de revient élevé du m² d’eau pompée. Cette technique mobilisant des fonds financiers considérables creuse les inégalités sociales et les révèle au grand jour.
La rareté de l’eau, sa précarité expliquent les caractéristiques de l’hydraulique traditionnelle: un réseau dense de desserte de l’eau dans l’oasis, des puits, des drains, des retenues au fil de l’eau lorsqu’un cours d’eau permanent existe à proximité, une utilisation des crues d’épandage. Le problème de la salinité des eaux se fait de plus en plus sentir dans certains secteurs des oasis. A Ich, des jaugeages mensuels sont effectués par la Direction des Ressources Hydrauliques depuis la fin des années 1980 pour mesurer l’évolution des taux.

Les bains et lavoirs publics "Bahbouha":
L'édification des Qsour à l'emplacement des sources d'eau fait que la foggara est un équipement du ksar, en même temps qu'elle est source de vie pour la palmeraie : la faible profondeur de certaines galeries a rendu possible, l'aménagement de certains de leur regards en bains et lavoirs publics. Cela se fait par l'élargissement de la section de l'ouvrage (le regard), l'aménagement de banquettes et le creusement de niches pour recevoir les habits des baigneurs.
Cette forme d'utilisation assez originale, qui s'explique notamment par la température élevée des eaux drainées, a fait que le hammam- quasiment une institution au Maroc n'a qu'une faible présence à Figuig. Le nombre de Hammams dans les Ksour de Figuig ne dépasse guère cinq unités : deux sont des dépendances des mosquées, les trois autres ne sont ouverts qu'en hivers.
Il y a une séparation entre les 'Bahbouhas " réservées aux hommes et celles réservées aux femmes. Les bahbouhas de femmes servent aussi bien pour la baignade, que pour le lavage.

Les puits :
Les puits constituent un système d'adduction individuelle, d'apparition relativement récente dans l'oasis.
Ces puits se localisent principalement dans la plaine, en contrebas du Jorf, où ils exploitent les eaux froides et fortement salées d'une nappe phréatique superficielle.
La majorité des puits est forée à une trentaine de mètres de profondeur et ils sont tous équipés de moto-pompes.
La forte salinité de l'eau des puits constitue un handicap pour la culture dans les secteurs concernés. Plusieurs agriculteurs se contentent aujourd'hui de la culture du palmier, la seule à supporter un taux aussi élevé de salinité.